BSC News n°88 mars 2016

article de Laurence Biava 

Article La Voix Du Nord,   25 mars 2010

Actualité Marcq

« Je m'inspire de l'adulescence, ce temps bloqué entre l'adolescence et l'âge adulte »

PUBLIÉ LE 25/03/2010 À 05H07

Vincent Knock, vêtu ce jour-là d'un sous-pull noir et de lunettes carrées, a le profil du gendre idéal. Mais lorsqu'il était adolescent, il jouait dans un groupe de rock et faisait la tournée des bars lillois. Aujourd'hui enseignant à Comines en classe de CM2, il a une vie beaucoup plus calme, comme le témoigne son domicile, maison résidentielle à la frontière de Marquette et de Saint-André. Mais ses années de jeunesse ne l'ont pas quitté, au point d'en écrire des livres, dont le roman « Courant alternatif », sorti en ce début d'année.

 

 

PAR OLIVIER LOYENS

lambersart@lavoixdunord.fr

Vincent Knock a mis un certain temps pour trouver sa voie d'écrivain. Études d'histoire obligent, il commence par deux manuscrits sur l'Allemagne des années 1930. « Trop ancré dans l'histoire », lui répond un éditeur. Après un mémoire de maîtrise sur l'histoire de Wambrechies au siècle des Lumières, il puise dans sa jeunesse pour trouver « son » sujet.

« À partir de mon expérience personnelle, explique-t-il, marquée par la mouvance de rock alternatif dans les années 1990, je me suis demandé ce qu'il se serait passé si mon groupe avait marché ». Naît alors son premier ouvrage Le début de rien en 2009. Au fil des chapitres apparaît une jeunesse désabusée, vivant entre l'université et les bars, les appartements mal rangés et les concerts, les amourettes et la vie de famille. « J'ai voulu aborder le thème de "l'adulescence", affirme-t-il, cette période bloquée entre l'adolescence et l'âge adulte où l'on essaie de construire sa propre identité. Même si à cet âge, on passe plus de temps à chercher quelque chose, même si on ne sait pas vraiment quoi. » Un thème qu'il continue d'exploiter dans son deuxième livre, Courant alternatif, sorti en ce début d'année. Notamment à travers le personnage de François, véritable double de l'auteur. « Dans le livre, François est un surveillant de lycée qui aide une adolescente à découvrir l'identité de son père. Cela lui permet de revivre sa propre jeunesse à travers celle d'autrui. » Cette volonté de revivre sa jeunesse, Vincent Knock en est témoin tous les jours à l'école, où il aperçoit « ces mères qui s'habillent de la même manière que leurs filles, ce qui témoigne d'une réelle attraction de la jeunesse sur le monde adulte. On a l'impression que c'est une tare de vieillir. » Et si l'on poussait cela à l'extrême ? Et si les jeunes prenaient le pouvoir ? Pour son prochain roman, Vincent Knock compte s'inspirer d'une nouvelle de Dino Buzatti, Chasseur de vieux, où les personnes ayant dépassé un certain âge sont chassées par les générations plus jeunes. L'écrivain n'a donc pas fini de s'inspirer de « ces fameuses années de jeunesse qui comptent double ou triple et nous renvoient à un passé qui nous habite pour toute une vie. » •

« Le Début de rien », éd. Edilivre, 19 E ; « Courant alternatif », éd. Edilivre, 10,50 € .

La Voix du Nord

 

Interview Bestseller-consulting 08 avril 2016

Vincent Knock a écrit un livre aussi touchant que burlesque sur le parcours d'un couple pour avoir un enfant. Une immersion pleine d'humour et grave de ces démarches souvent lourdes et longues.

 

Qui êtes-vous  ?
Je m’appelle Vincent Knock est je suis né à Lille. Titulaire de trucs universitaires très utiles pour gagner au Trivial Pursuit. Après des études supérieures d’histoire fatigantes je suis devenu enseignant pour me reposer. Je suis féru de culture-pop, d’esthétisme underground, de hacking, du bouillon de culture Cyberpunk, d’anticipation sociale ou de thématique dystopique. J’ai publié aux éditions Edilivre l'essai historique "Vivre à Wambrechies au siècle des Lumières" (2008), ainsi que les romans "Le début de rien" (2009) dans la collection coup de cœur, "Courant alternatif" (2010), la nouvelle "un jeu d'enfant" (2013) et le livre pour enfant "Deux par deux, journal de jumelles" (2014).
J’ai également participé au recueil de nouvelles "un voyage en Nord-Pas-de-Calais" (2014). "Mâle en patience" Mon dernier roman vient de paraître chez Chloé des Lys Editions.

 

Quel est le thème central de votre livre ?
 A travers les exemples d’un couple urbain qui tente de surmonter l’épreuve de l’enfant du point de vue masculin, j'ai voulu mener une réflexion sur le désir de paternité et l’infertilité dans le couple avec humour et mélancolie. Sorte d’échographie d’un père, qui surnage au milieu des multiples traitements de la fécondité, des sigles médicaux et des statistiques mollassonnes ; une F.I.V. story, entre témoignage faussement désinvolte et déclaration d’amour très contemporaine.


 Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
« Quand j’ai annoncé à ma femme que je voulais avoir un bébé ensemble, elle m’a répondu de cesser de faire l’enfant ! » qui montre assez bien le décalage burlesque des envies qui peut parfois exister au sein d’un couple comme ceux qui peuplent les comédies de Woody Allen.


Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Evidemment, ce serait une berceuse tirée de grands classiques chez Brahms (Berceuse), Saint-Saens (Le cygne), Gluck (Orphée et Eurydice) ou Mozart (concerto pour clarinette K622), des morceaux qu’écoutent régulièrement mes deux filles avant de s’endormir.


Qu’aimeriez-vous partager avec les lecteurs en particulier ?
Une histoire d’amour originale à partir d’un sujet plutôt grave mais qui, traité avec légèreté, les fera souvent sourire tout en les captivant.   


Si vous deviez faire passer un seul message au travers de votre livre, quel serait-il ?
Il n’y a pas de message proprement dit dans ce livre. Mâle en patience n’est pas un roman à thèse. Mais on peut quand même y découvrir en filigrane de l’intrigue des idées particulières, y lire une réflexion sur les hasards de l’existence et la responsabilité de nos choix personnels pour tenter de soumettre le destin à notre volonté ; ou encore le thème de la résilience qui est cette capacité psychologique à résister à ce qui nous fait défaut, à surmonter les épreuves de la vie pour sortir plus solide, grandi. Ce sont des questions qui m’inspiraient lorsque je rédigeais ce texte.

Interview Edilivre,   septembre 2009

EDILIVRE : Vincent Knock, votre premier livre, « Le début de rien », vient de paraître aux éditions Edilivre. Quelle est son histoire ? Comment est-il né dans votre tête ? Comment l'envie de l'écrire vous est-elle venue ?

Vincent Knock : Le début de rien raconte les histoires croisées de personnages en couleurs, tapis dans des corps nébuleux et englués dans des existences répétitives, mais avec des rêves. Nouant tour à tour des rapports schématiques autour des bacs des disquaires, des distributeurs à café, dans des couloirs sans fin, des appartements étriqués ou des salles de concert dans la grisaille lilloise. Autant de points de passages, existentiels, captant les individus comme des êtres en mouvement, mais toujours guettés par l'inertie définitive. Avec en toile de fond des histoires d'amour contrariées, des quêtes éperdues pour obtenir un tant soit peu de reconnaissance dans un siècle finissant. Mais le thème central du livre est la difficulté à entrer dans le monde adulte avec tout ce qu'elle implique de compromis. Voilà pour le décor !   

L'impulsion pour écrire ce roman m'est venue assez tard. Disons qu'ado je n'écrivais pas et je lisais assez peu, je me disais tout le temps que ce genre de connerie n'était pas pour moi : s'enfermer délibérément pour s'avaler un pavé de plusieurs centaines de pages m'apparaissait suspect. Je passais le plus clair de mon temps à jouer dans un groupe de musique (pour l'aspect créatif) où à faire du skate-board (pour le côté sportif), souvent avec les mêmes potes. Et puis comme les groupes ne sont pas faits pour durer, je me suis retrouvé seul à ruminer dans mon coin. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à lire comme une brute, avec le sentiment que j'avais pris vachement de retard. Comme j'étais en fac, j'avais beaucoup de temps pour moi. J'ai écrit deux romans historiques sur l'Allemagne des années 30, à mon goût trop marqués par ce qui faisait déjà et qui a suscité une mauvaise réaction d'un éditeur connu. J'ai donc passé du temps à chercher mon sujet.

Entré en institut de formation des professeurs après plusieurs années de vie active je me suis trouvé confronté à une génération qui n'était plus la mienne. Nous avions grandi avec « Star Wars » et Atari et eux ne juraient que par « Harry Potter » et Playstation. Certains profs stagiaires avaient dix ans de moins que moi avec leurs propres références culturelles, un langage commun, complètement décomplexé et prêt à bouffer de la vie. De quoi vous filer un sacré coup de vieux, à tout juste 30 ans !  Je voulais donc évoquer cela avant de tourner la page. Comme quand on fait le tour d'une chambre d'hôtel une dernière fois, pour voir si on n'a rien oublié, avant d'éteindre la lumière et de refermer la porte derrière soi.

 

EDILIVRE : A-t-il été difficile de se retrouver devant une page à remplir ?

Vincent Knock : Disons que tout travail d'écriture nécessite de nombreuses recherches, lectures, notes, trame à suivre, etc. Je ne pars pas de rien. Je connais parfaitement l'endroit où je veux arriver. Reste le voyage entre le premier mot et le dernier qui restent, pour moi, un peu mystérieux. J'écris surtout le matin, très tôt, pour me dire que j'ai du temps. Je n'ai pas de rituel. Disons seulement que j'écoute de la musique pour empêcher d'entendre le ronron de mon ordinateur portable.

 

EDILIVRE : Par la suite, vous avez choisi de publier. Racontez-nous cette histoire. Qu'est-ce qui vous a encouragé ? Pourquoi Edilivre ?

Vincent Knock : J'avais fait paraître un essai de démographie historique chez Edilivre, il y a quelques mois. Cela à cause de la grande liberté qu'offre leurs services (un extrait, un feuilletage possible sur l'écran de l'ordinateur, fabrication de marque-page, d'affiche à l'effigie du livre, service de presse à diffuser aux libraires, dépôt du livre à la BNF, indexation dans les catalogues en ligne des principales librairies, choix de la version papier ou du téléchargement du livre), la rapidité d'exécution, mais surtout la qualité de leur travail de création et de fabrication de l'objet livre. La littérature étant devenue visuelle, c'est certain qu'une première de couverture réussie permet de gagner en visibilité, il était impensable pour moi de ne pas importer le livre sur la Toile. Bien entendu, le texte doit toujours faire ses preuves ! Edilivre est pleinement dans le sens de la « démocratisation du livre ». Une démocratisation qui ne doit pas être entendue comme un appauvrissement de l'offre d'édition. Un partenariat pour une œuvre de fiction comme Le début de rien, s’est donc fait naturellement.    

 

EDILIVRE : Au fil des chapitres, vous mettez en scène une jeunesse désabusée. Vous décrivez sa vie avec justesse, entre la fac et les bars, les appartements mal rangés et les concerts, les amourettes et la vie de famille. D'où tirez-vous cette connaissance du jeune ? Est-ce un revival de vos années fac ?

Vincent Knock : Même si les premiers romans « empruntent » pour ainsi dire beaucoup à l'expérience personnelle d'un auteur, le début de rien n'est en aucun cas une autofiction. Le traitement des portraits de chacun des personnages masculins ou féminins, avec l'utilisation de détails révélateurs  pour leur donner des implications symboliques et philosophiques contribuent largement à donner à l'histoire une dimension existentielle universelle. 

Mes thèmes de prédilections étaient : la nostalgie, le souvenir de jeunesse omniprésent, la force des sentiments ou la décrépitude. Je voulais écrire une  sorte de « livre sur rien » cher à Flaubert, d'où le choix de mon titre. Car à cet âge, on passe plus de temps à chercher quelque chose même si on ne sait pas vraiment quoi. Je pense que les vies cabossées de ces héros pourraient n'avoir aucun intérêt si elles ne faisaient tant échos par certains aspects à la vie de chacun d'entre nous. Nos fameuses années de jeunesse « qui comptent double ou triple » et nous renvoient à un passé qui nous habite pour toute une vie.

 

EDILIVRE : Vos personnages ne vivent pas d'aventures extraordinaires. Ils n'entretiennent pas de relations complexes. Ils se laissent porter par leurs aspirations et par leurs désirs, jour après jour. Cette culture du normal et du quotidien, qu'on perçoit dans vos écrits, cela semble vous faire dire que personne ne devrait être obligé d'être exceptionnel, de faire de grandes choses. Qu'en pensez-vous ? Croyez-vous qu'il existe une sorte de pression sociale à l'exploit ?

Vincent Knock : C'est l'éternel dilemme : Vaut-il mieux être acteur de sa propre existence au risque d'aller au-devant de grave déconvenue où au contraire se préserver en se contentant d'en rester un simple spectateur ? De nombreux blogs encouragent l'individu assoiffé d'amour que nous sommes tous un peu à faire étalage de son quotidien banal à souhait, l'universalisant du même coup. Et les commentaires de nombreux êtres tout aussi esseulés ou paumés reçus quotidiennement achèvent de vous convaincre que vous êtes quelqu'un de spécial qui gagne à être connu. Pourtant, tout ça n’est qu’une illusion. Le philosophe Clément Rosset l'a très bien démontré dans le réel est son double : l'homme tente le plus souvent de fuir le réel, lui préférant la fabrication d'un autre monde pour ne pas voir celui qui est donné à voir. Échapper à la réalité commune et sensible de l'existence en s'inventant une nature virtuelle jugée plus importante. Cet état de fait est encore plus criant chez les jeunes qui connaissent les technologies depuis toujours à la différence des trentenaires qui les ont découvertes au sortir de l'enfance. Leurs maîtrises pour les jeunes en sont innées et non acquises. Enfants de la « bulle internet » en quelque sorte, les jeunes d'aujourd'hui ne se questionnent pas de savoir si Loana est une star ou non, elle est connue, peu importe les raisons. Les jeunes ne s'étonnent d'aucunes réussite, rien ne les inquiète. D'ailleurs, la réussite ne passe plus forcément par un apprentissage long et laborieux. Mieux, l'exploit est plus remarquable encore s'il n'a nécessité que peu d'efforts, de temps ou de contrainte pour atteindre sa cible. Cela touche de nombreux domaines : en littérature avec des auteurs affichant fièrement leur quinze ans comme principal argument de vente où en musique, avec le phénomène des bébés-rockers, par exemple. Au contraire, plusieurs personnages de mon livre sont hantés par la question du sens à donner à tout ça, cette course effrénée à la réussite signifie-t-elle vraiment quelque chose ? Comme l'affirme l'un d'entre eux : nous sommes la génération dont les parents ne sont pas satisfaits [...] malgré leurs deux voitures, deux enfants, une maison individuelle avec jardin ou une moto. Ce livre est aussi là pour ça : rappeler que la vie ne se résume pas à une histoire de train qu'on doit forcément prendre en marche sous peine de rester à quai, où à la traîne des autres. Refuser cette alternative c'est déjà choisir.    

 

EDILIVRE : On ne peut pas dire que les personnages aient des repères stables. Ils aspirent à devenir mannequins, à investir le monde souterrain. Leurs idoles sont des métalleux. D'aucuns diraient que ces jeunes sont perdus, mais pas vous. Ils vivent quand même, ils se construisent quoi qu'il arrive, et deviendront des adultes comme les autres. Croyez-vous qu'il est dans la nature des aînés de critiquer la jeunesse ? De s'inquiéter à l'idée que leur monde sera demain en de telles mains ?

Vincent Knock : Il est dans la nature de la jeunesse de se construire en réaction à la culture de ses aînés. Les ruptures sont alors plus ou moins marquées selon les milieux socio-culturels, c'est certain. Même s’il est toujours intéressant pour une génération d'écouter les messages et valeurs véhiculées par les générations qui l'ont précédée, le propre de la jeunesse est de réinventer les cultures antérieures, de se les approprier en les mettant parfois à mal, pour que de ce terreau naissent de nouveaux modèles qu'ils soient sociaux, culturels ou économiques. À ce propos, l'exemple de l'industrie musicale qui n'a pas su amorcer son virage économique suffisamment tôt est particulièrement évocateur des craintes adultes pour cette culture jeune.   

 

EDILIVRE : Visiblement, vous connaissez bien la scène lilloise, en plus de vous intéresser à la musique. Qu'en pensez-vous aujourd'hui ? Est-ce que vous conseilleriez Lille à un groupe qui veut se lancer ? Y a-t'il selon vous un style mieux représenté que les autres  à Lille ?

Vincent Knock : Beaucoup de choses souvent très différentes peuvent s'écouter de ce côté de l'hexagone. La scène lilloise avec ses bars-concerts du vieux-lille ou du quartier Moulins a fait les beaux jours d'une scène pop rock anglais aux débuts des années 90, avant de quasiment disparaître au profit de formations plus métalleuses au tournant du siècle. Aujourd'hui, la scène rap régionale est une des plus actives. Mais curieusement, aucune formation régionale, quel que soit le style, n'a réussi à percer sur le plan national. Lille reste tout de même un endroit intéressant pour en découdre musicalement. Avec des températures fraîches même en été, son éternel rideau gris de nuages, il est certain qu'on aspire plus à s'enfermer dans une cave de pub pour s'éclater les tympans à coups de riffs de guitares que de subir les assauts répétés en terrasse d'une pluie lavasse dans son verre.   

 

EDILIVRE : Maintenant que ça y est, que le livre est publié, qu'est-ce qui vous passe par la tête quand vous revenez sur cette aventure ?

Vincent Knock : Je me dis que ce qu'il y a de plaisant avec une publication c'est que ça arrête définitivement le processus créatif et qu'on va pouvoir se consacrer à autre chose. Même si on pense qu'on aurait pu écrire ceci ou cela d'une manière différente, retoucher un mot, une virgule, il faut savoir s'arrêter. Le livre publié signe un arrêt, comme une petite mort où une petite naissance, c'est selon.

 

EDILIVRE : Vous souhaiteriez publier à nouveau ? Peut-être avez-vous déjà un projet en tête ?

Vincent Knock : J’ai terminé un manuscrit intitulé Courant alternatif qui développe les mêmes thèmes à travers l'histoire d'une adolescente qui souhaite découvrir l’identité de son père. Est-ce cette rock star qui avait défrayé la chronique en 2001 en tuant sa compagne d'alors au cours d'une banale dispute et qui vient juste de sortir de prison pour la plus grande joie de ses nombreux fans ? Dans cette quête, elle sera aidée par un surveillant, pas si désintéressé que ça. ? Ce texte est une illustration d'une citation de Christian Authier, « Il est de certains êtres comme de certains pays, on n'en revient pas ». Où comment faire de la nostalgie un art de vivre !

 

EDILIVRE : À vous le mot de la fin

Vincent Knock : Il en est également de certains livres comme de certaines rencontres, la promesse de quelque  chose d’autre. Même si je place plus de confiance dans la fiction.  

Escale des lettres Lille, 15 décembre 2012

Vidéo d'Edilivre

Avis de Bénédicte,   19 décembre 2015

J'ai apprécié ce récit original sur le désir d'enfant. Une fois n'est pas coutume, on se positionne ici du côté de l'homme qui en vient à avoir une obsession alors que justement sa femme n'en éprouve pas l'envie. Une fois leurs violons accordés, ils traversent les épreuves de la conception assistée et l'attente insupportable de la réussite ou de l'échec.
L'écriture est dynamique, hésitant entre le témoignage autobiographique et une prise de recul pleine d'ironie sur la situation. Un exercice de style intéressant qui donne un bon moment de lecture. Son point de vue hors du commun (et très lucide sur la question) ajoute encore de la valeur à ce roman. Sans tomber ni dans le pathos ni dans le misérabilisme, l'auteur parvient pourtant à attacher le lecteur à ses personnages qui ne sont, justement, "que des êtres humains".

Avis de  Emilie,   29  septembre 2015

Vincent Knock nous raconte son histoire par intermédiaire de quatre personnages.
Celle-ci commence par l'article d'un journal concernant la mort du chanteur de rock Gontran Tonkin.
Florence, cette femme qui a l'air d'être secouée par la mort de ce chanteur est prise d'une peur qui anime son ventre au point de croire qu'elle pourrait se liquéfier !
Mais pourquoi ?
C'est ce que va nous apprendre la suite de l'histoire qui est divisée en plusieurs plans.

Le narrateur nous raconte dans le *premier*, la vie de François. 
Qui est-il ? Un simple surveillant épris d'une jeune lycéenne. Dans cette partie, Vincent va nous conter la vie de François depuis son enfance, sans nous épargner les détails de ce qu'il a vécu depuis tout petit, en passant par les premières fois, jusqu'au premier rendez-vous avec Nancy, de son vrai nom Stéphanie. Notre auteur nous expliquera, sans entrer dans les détails, la vie de ce jeune couple jusqu'à leur séparation.

En *deuxième* lieu, nous découvrirons la vie de Florence. Nous entrerons dans l'intimité de cette femme. 
Il nous racontera sa vie au travail, ce qu'elle vit depuis qu'elle est femme d'affaires et nous fera part de ses amants, et cette « chose » qu'elle a faite et qu'elle n'a jamais racontée. Elle en fera part à son collègue et amant pour nous la présenter.
Son secret est qu'elle a donné naissance à une enfant, mais qu'elle n'a pas su réagir comme il le fallait avec celui-ci. « Que Florence était trop jeune, trop perdue et trop immature » pour l'élever. Elle lui avouera que son enfant a été conçu avec un certain chanteur maquillé de son groupe.
De ce fait, le bébé aura été élevé par les parents de cette femme et que cette fille pense que sa mère est en fait sa sœur.
Florence avouera à sa fille âgée de 16 ans la dure réalité et commencera sa vie de mère avec Stéphanie alias Nancy.
À cet aveu, Nancy sera obnubilée par l'identité de son père biologique, et ce, malgré les insanités que Florence dit de lui, car cet homme les a abandonnées en apprenant sa grossesse.

Dans la *troisième* partie, nous entrerons dans la vie de ce Gontran.
Chanteur de Rock à succès, il est connu : de souffrir de troubles obsessionnels compulsifs. Dans cette partie du récit, Gontran sortira de prison après avoir purgé sa peine de 8 ans. Il devra réapprendre à vivre face au monde qui l'entoure. Chose qui ne sera pas simple quand on est une célébrité et que tu ne passes pas inaperçu dans le monde.
Accueilli par son ex-femme, Nathalie, pour l'aider. Il essaiera de sortir la tête de l'eau.
Dans un parc, alors qu'il se repose, il rencontrera une jeune fille qui lui révélera être sa fille. Mais celui-ci lui tournera le dos sans réagir. « Encore une de ses fans » se dit-il.
Il retrouvera ses anciens collègues chez Nathalie, et ceux-ci le pousseront à réécrire. À contrecœur, il créera une chanson en un coup de gratte nommée « Courant Alternatif » et leur donnera.
Alors qu'il se promène dans la rue, il sera perturbé par une femme qui lui rappellera Pamela, celle qui l'a amené à faire de la prison et il sera plongé dans le souvenir de leur conversation.
Après l'annonce qu'il veut la quitter pour retourner auprès de Nathalie, sa femme qu'il a quittée, Pamela sera vexée par son choix et commencera à la frapper puis à l'insulter. Ne supportant plus ses caprices, il lui claquera la porte au nez et partira.
Dans son songe, nous apprendrons qui a réellement tué cette femme...
Rêveur, il ne prêtera pas attention à ce qui l'entoure dans la nuit et sera renversé par une voiture puis écrasé de nouveau par le même véhicule perdant espoir de se faire secourir par celle-ci.

En *quatrième* partie, nous découvrirons la vie de Nancy depuis l'emménagement avec sa mère, sur sa relation avec François et ses recherches sur son père.
Nous verrons au fil des lignes le profit qu'elle fait auprès de François afin de continuer, aidé par celui-ci ses recherches, bien que leur relation est terminée, pour elle, depuis longtemps.
D'un livre trouvé dans la bibliothèque de sa mère, elle fera la découverte du nom de son soi-disant père, ce qui lui ouvrira les portes pour le retrouver dans un parc et lui expliquer qui elle est.
Cette rencontre ne se passera pas comme elle l'avait prévue et sera furieuse.
Après avoir quitté François et avoir rencontré ce Père, elle sera perdue, en pleur, à cause de sa réaction et se tournera vers le seul qui lui ouvrira les bras et qui connait l'histoire. Cet amoureux passionné, François.

Je vais m'arrêter là.
Je vous ai présenté en partie la vie de nos personnages que je trouve très intéressante. L'histoire tient debout, et est bien ficelée et est bien montée.
Dans chaque partie, plusieurs questions et visions déductives nous encombrent l'esprit sans pour autant qu'elles soient les bonnes et nous sommes, à chaque fois, étonnés de la découverte de la suite des événements.
Tout le montage, le raccord des personnages et la liaison entre eux sont raccordés dans l'épilogue.
Cette conclusion, celle à laquelle on ne s'attend pas forcément, nous coupe le fil de nos pensées et nous montre que par amour, une personne peut faire n'importe quoi et que d'autres sont manipulatrices pour arriver à leur fin.
Je remercie Vincent pour m'avoir permis de découvrir son texte que je conseille aux lecteurs sans hésitation.
Si je devais le noter, ce serait un 4/5.